JANVIER – Un début d’année sous l’influence du 4e trimestre 2018

//JANVIER – Un début d’année sous l’influence du 4e trimestre 2018
JANVIER – Un début d’année sous l’influence du 4e trimestre 2018 2019-01-21T17:33:43+00:00

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La santé des marchés financiers toujours douteuse

La remise en cause des règles du commerce mondial par les Etats-Unis est venue perturber la santé des marchés financiers.

La baisse des marchés financiers s’est accentuée au cours du mois de décembre et vient clôturer un exercice éprouvant pour les investisseurs. Le début d’année a été euphorique. Les marchés boursiers traduisaient la bonne santé de l’économie mondiale, des perspectives bénéficiaires au beau fixe et des conditions de financement généreuses pour les entreprises. Mais, le doute s’est installé suite à la remise en cause par les Etats-Unis des règles du commerce mondial.

Doute qui n’a cessé de grandir, en particulier au cours du deuxième semestre, avec l’accumulation des risques politiques à travers le monde. Outre la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, l’incertitude qui entoure la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, les craintes de dérives budgétaires en Italie et la montée du populisme dans toute l’Europe ont troublé le cycle vertueux à l’œuvre depuis plusieurs années. La fragilisation des pays émergents, à cause du durcissement de la politique monétaire de la FED et la hausse du dollar, a aussi participé au dérèglement de ce cycle.

Les Banques Centrales ont joué un rôle déterminant dans la construction de cette trajectoire ascendante depuis la crise de 2008. 10 ans plus tard, alors que la croissance a progressé et s’est stabilisée à de hauts niveaux, les principales Banques Centrales du monde ont décidé de normaliser, chacune à son rythme, leur politique monétaire. La disparition, même progressive, des stimuli monétaires ont laissé craindre un ralentissement économique et in fine des résultats des entreprises en baisse et des risques de crédit en hausse.

Pourtant, ces politiques d’ajustement étaient annoncées, notamment du côté de la FED aux Etats-Unis. Mais la passe d’armes entre Donald Trump et la FED, avec d’un côté le Président américain remettant en cause l’indépendance de la Banque Centrale et jugeant sa politique monétaire suicidaire, et de l’autre, le Président de la FED, Jérôme Powell réaffirmant la nécessité d’éviter la surchauffe de l’économie, a provoqué une réévaluation brutale des risques.

Une année 2018 décevante au niveau des performances

Finalement, l’année 2018 est plus que décevante au niveau des performances. Toutes les classes d’actifs terminent l’année en territoire négatif et la diversification n’a pas permis d’extraire de la valeur. Seul l’investissement dans une obligation du trésor américain à 3 mois, renouvelé trimestriellement, permettait in fine de capter un rendement positif de 1.80% alors que le CAC 40 reculait de 10.95%, l’indice Dow Jones rendait 3.5% et le DAX plus de 18%.

En synthèse, le risque politique, la normalisation des politiques monétaires et la résurgence de risques spécifiques (pays émergents, secteur de la technologie) ont été les catalyseurs de la chute des marchés. Cette chute valide le scénario de ralentissement de l’économie mondiale par les investisseurs.

Cependant, les indicateurs macro-économiques, au contraire de certaines prévisions d’économistes, n’indiquent pas l’éminence d’une récession mondiale. La croissance sera certainement plus modérée dans les mois à venir. Compte-tenu de la bonne tenue de l’emploi, de la confiance et de la consommation, le risque de récession est à écarter du côté des Etats-Unis mais aussi en Europe malgré une situation politique difficile (Italie, Brexit, problèmes sociaux en France).

La Chine reste très dépendante du commerce international malgré l’évolution de son modèle économique tourné de plus en plus vers la consommation intérieure. Le Gouvernement chinois a pris des mesures pour éviter un ralentissement trop brutal.

Les marchés ont donc anticipé beaucoup de mauvaises nouvelles mais les investisseurs resteront en retrait tant que les risques politiques ne seront pas levés. Aussi, la capacité des Banques Centrales à piloter leur politique de normalisation et en particulier leur communication à ce sujet sera déterminante dans la reprise de risque par les investisseurs.

L’année 2019 s’annonce donc volatile.

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